TERRITORIAL COUNCIL / Air Antilles: time to settle accounts | FAXINFO

La liquidation judiciaire de la SEM Air Antilles, prononcée le 27 avril par le tribunal de commerce de Pointe-à-Pitre, continue d’apporter son lot de turbulences. Réunis samedi 27 juin, les élus du conseil territorial ont dû tirer les conséquences financières de cet échec en adoptant une délibération visant à préserver les intérêts de la Collectivité et à mettre ses comptes en conformité. Présenté comme une obligation légale, le dossier a rapidement tourné au règlement de comptes politique.

 

 

20,2 M€ engagés, 14,9 M€ à déprécier

Léonie Flanders, directrice des affaires juridiques, a rappelé que la COM avait engagé 20,2 million dans la SEM : 1,2 M€ au capital, 6 M€ d’avance en compte courant et 13 M€ de prêts. Près de 19 million devront désormais être déclarés au passif de la liquidation.

Les services proposent une dépréciation comptable de 16,3 M€, ramenée à 14,9 M€ dans le budget supplémentaire après déduction des provisions déjà constituées (1,4 M€). Selon la directrice générale des services, Natacha Pétrine, les échanges avec la liquidatrice laissent entrevoir un recouvrement de 20 to 30% des prêts grâce à la vente des actifs (avions, mobilier), les établissements bancaires restant prioritaires dans l’ordre des créanciers.

 

 

« Vous saviez » : l’opposition à l’offensive

Pour l’opposition, cette régularisation intervient beaucoup trop tard. Marie-Dominique Ramphort estime que le risque était identifié depuis plusieurs mois et que les comptes 2025 auraient dû intégrer ces pertes potentielles, d’autant que le diagnostic financier de la SEM était connu de l’exécutif dès novembre 2025, mais n’a été communiqué à l’ensemble des élus qu’en mai dernier.

Jules Charville a accusé la majorité d’avoir poursuivi les financements malgré les alertes. « Oui, vous êtes à blâmer », a-t-il lancé à Louis Mussington, reprenant l’anaphore « blame me for… » employée par le président en ouverture de séance. Mélissa Rembotte a, pour sa part, demandé des explications sur le versement du dernier prêt de 3 M€, alors que la situation financière de la compagnie était déjà fortement dégradée.

 

 

Le mystère de « New Air Antilles » ressurgit

Les débats ont également ravivé la polémique autour de la création de la SEM. Jules Charville affirme que la société immatriculée le 18 octobre 2023 sous le nom « SEM Air Antilles » ne correspondrait pas à la « SEM New Air Antilles » approuvée par le conseil territorial le 20 septembre précédent. Évoquant un possible « faux en écriture », il a réclamé la production de la délibération correspondante. Angeline Laurence a demandé de suspendre l’examen du dossier jusqu’à vérification, tandis qu’Alain Richardson s’est engagé à effectuer les contrôles nécessaires. La sénatrice Annick Pétrus a, elle aussi, appelé à consulter les documents déposés au greffe afin de « lever le doute une bonne fois pour toutes ». Malgré les demandes répétées de l’opposition, aucun document n’a été présenté en séance.

 

 

Une obligation comptable, selon l’exécutif

Louis Mussington a rappelé que, « que ce soit New Air Antilles ou Air Antilles », le vote portait avant tout sur une obligation comptable découlant de la liquidation judiciaire. Il n’a toutefois pas exclu d’éventuelles actions contre ceux qui auraient « induit la Collectivité en erreur " in this file.

La délibération a finalement été adoptée par 13 voix pour, 2 contre et 3 abstentions. Derrière ce vote technique, le dossier Air Antilles est loin d’avoir achevé son plan de vol. _Vx

 

Source: Faxinfo https://faxinfo.fr/en/conseil-territorial-air-antilles-lheure-de-regler-les-comptes/